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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 11:29

C'est un petit dialogue qui résume bien la situation.

"- M. le Premier Ministre !"
"- Euh... C'est de moi qu'on parle ?"

Petit tour d'horizon de la vie politique japonaise !

 

Bon, alors d'après vous qui est la personnalité politique la plus importante au Japon ?

A. Le Premier Ministre
B. L'Empereur
C. Le Dalaï Lama
D. Bernard Tapi

Tous ceux qui auront répondu C ou D sans aucun gramme d'alcool ou de quelque drogue que ce soit dans le sang devront naturellement se procurer au plus vite l'ouvrage "Histoire de ces 40 dernières années que j'ai loupé". La bonne réponse était la A. En effet, l'Empereur n'a aucun pouvoir, si ce n'est un pouvoir représentatif. Lorsque Wen Jia Bao (premier ministre chinois) a fait un petit tour sur l'archipel nippon en 2007, il a dû faire un crochet par le palais impérial après sa rencontre avec le Premier Ministre (il s'agissait à ce moment-là de Shinzô Abe), et il aurait d'ailleurs été impensable qu'il ose reprendre l'avion sans s'acquitter de cette formalité.
Bon si vous cherchez bien sur le sujet, vous verrez sûrement écrit quelque part que l'Empereur doit contre-signer certaines décisions et certains actes parlementaires. Mwais, mais là aussi ya un truc : c'est pas comme chez nous où on lui aurait fait un package incluant un petit véto de rien du tout, ici pinuts ! Alors vous me direz : "ben oui, mais si il veut pas signer !"... ... Vous inquiétez pas, il ne voudra pas ne pas vouloir ! ^^

Donc, le grand manitou, c'est la face de crapeau de 100 ans d'âge que vous pouvez voir là-haut (Tarô Asô - actuel premier ministre). Enfin oui et non. C'est compliqué.
Disons que tout part de la srtucture de vote japonaise : c'est tout sauf stable.

1. Lorsque les japonais ont lancé la restauration impériale dite de Meiji (du nom de symbolique de l'Empereur qui "régnait" à cette période), en 1868, ils ont cherché à se doter du meilleur de la crème de chou dans tous les domaines : architecture en France, médecine en Allemagne, ect. ne sont que de menus exemples de ce phénomène. Et de l'Angleterre, outre la Navy, ils ont repris la structure parlementaire du gouvernement ; à savoir un chef de l'Etat qui n'en glande pas une (l'Empereur), un Premier Ministre qui saute tous les deux ans, et un mode de représentation et d'interdépendances plutôt obscure (ils se sont un peu gouré de modèle sur ce coup-là - on peut sans doute pas tomber juste à tous les coups).

2. Après la seconde guerre mondiale, l'envahisseur américain à voulu reconstruire au plus vite la Droite japonaise pour contrer l'influence grandissante du Communisme russe... et ça a plutôt bien marché ! Au point que le principal parti de droite, le Parti Libéral Démocrate (PLD - encore un nom qui veut rien dire...) est resté sans ennemi pendant près de 50 ans. Même maintenant, à part un léger accident de parcours au début des années 90, on peut considérer que son hégémonie est indiscutable.

3. Conclusion, structure parlementaire oblige, comme le PLD a toujours ou presque contrôié la chambre basse de l'Assemblée japonaise (appelée "Diète"), c'est toujours ce même parti qui a placé son homme de tête à la tête du gouvernement. Par conséquent, la durée de vie d'un Premier Ministre dépend plus de la durée de son mandat au sein du parti que d'une élection législative dont le résultat est décidé d'avance. Voilà le vrai hic : les élections générales du PLD n'accordent le poste de secrétaire générale à leur vainqueur que pour la durée de 2 années consécutives maximum. Veuillez noter avec la plus grande importance le mot "maximum", puisqu'en réalité, peut de Premier Minitres japonais atteindent cette durée. Vous savez pourquoi ? Ben tout simplement parce que en général A. ils mènent une politique de merde qui les fait sombrer très vite dans les sondages, les obligeant à démissionner sous les pressions d'un parti dont ils ont perdu la confiance, ou bien B. les ministres du Cabinet fraudent non plus avec des louches mais avec un tracto-pelle, ils se font gauler, et l'opprobe est pour la tête à toto ! (le plus souvent on a un schéma du type B entraine A, ou bien parce qu'on a A, il y a un petit malin qui s'engouffre dans la brèche et qui découvre B).

N'y a-t-il point d'homme politique digne de ce nom au Japon ??? Si !
Celui-ci se nomme Jun'ichiro Koizumi !

Homme de droite également, Koizumi a eu à gérer le difficile dossier de la crise asiatique. On peut dire qu'il a pas mal favorisé ses potes dans les affaires à ce moment-là et qu'il a favorisé le fossé d'inégalités entre les petits et les grands, mais il a le mérite d'avoir éradiqué la crise de son territoire. Personnage charismatique, emblème de la droite qui a retrouvé toute sa splendeur, il a réussi l'exploi de rester en fonctions de 2001 à 2006, soit 5 ans (plus de deux mandats de secrétaire général - il est parti avant la fin du troisième, parce qu'il allait se faire gauler à son tour). Après lui, ma foi, pas grand-chose...

Il y a eu Shinzô Abe, mais je n'en dirai pas plus sur lui pour l'instant parce que je fais mon mémoire de M1 sur sa politique extérieure...
Puis Yasuo Fukuda, qui comme Abe était très attendu sur le devant de la scène de part ses idées tranchées, et à l'instar de Poutine pour le mystère entourant ses précédentes fonctions au sein de l'organigramme du pouvoir.
Et Enfin Tarô Asô.

Aucun de ceux que je viens de nommer n'a semblé à un seul moment avoir les trippes nécessaires pour porter son pays au-delà de la place à laquelle Koizumi l'avait issée. Ce qui est bien malheureux, puisque c'est un état d'entre-deux, tant sur la situation intérieure que sur les relations extérieures. En réalité - c'est une petite confidence que je vous fait à huis clos -, le pire c'est Asô ! Vous connaissez l'acronyme "K.Y." (prononcez à l'anglaise : kei-waï) ? En japonais, c'est une abréviation pour "kûki yomenai", donc quelqu'un qui ne sait pas très bien sentir l'ambiance du moment (genre se poiler quand on parle de la mort de la tante Gertrude) ; mais spécialement pour Asô, avec la même abréviation, il existe un autre sens : "kanji yomenai", à savoir quelqu'un qui ne sais pas lire les kanji (donc autant dire "qui ne sait pas lire japonais"). Cette légende qui court à propos d'un chef de gouvernement ayant des problèmes à lire sa propre langue, vient originellement 1. du fait qu'il avoue lui-même lire de préférence des mangas plutôt que des livres plus... sérieux (et plus propres à sa fonction, avouons-le), et 2. de ses hésitations lors de la lecture de prompteur durant ses apparitions télévisées (phénomène qui pourrait s'expliquer aisément par une mauvaise vue, mais bon...). Il est par ailleurs bien connu que le grand quartier de soutient à Tarô Asô dans Tôkyô est Akihabara, le gros foutoir des jeux, des animés et des mangas (on peut même y trouver des magasins qui lui sont entièrement dédiés).

Alors que fait l'opposition, menée bravement par Ichirô Ozawa ? Ben elle fait comme la majorité : elle se saborde elle-même autant que possible ! ^o^

Par Naimi
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 11:40


On peut trouver un petit quelque chose de Loctudy un peu partout dans le monde, même à Tôkyô ! (quelle ville internationale, décidément)

En l'occurence, c'est le bruit des mouettes qui m'a sauté aux oreilles un beau matin, alors que j'étais plongé dans la lecture du manuel d'insctruction de mon nouveau denshi jisho (dictionnaire électronique - 電子辞書).
"Comment diable cela est-il possible ?" me questionnai-je tout à propos.
Lançant d'aventure un regard par-delà les rayons grillagés du panneau-moustiquaire intégré à la fenêtre de ma chambre (quelle ingéniosité, ces japonais !), j'aperçois alors une sinistre forme élancée, un volatile à n'en pas douter, prenant appui sur l'étonnant enchovêtrement de câbles électriques qui parcours le proche espace aérien de la rue en contrebas du dortoire.
Plus je le regardais et plus j'en étais sûr, il s'agissait bien d'un gibier à plume. Mais pour une taille aussi fabuleuse, ce ne saurait être qu'une espèce propre au Japon, nourri aux sushi du tsukiji, et fourni plus que largement en alcool de riz et de prune...

Un corbeau. Mais un gros !

Quelle voix, quelle prestance !

La ressemblance avec le chant des mouettes était à s'y méprendre, à tout le moins suffisamment pour me tirer de ma torpeur livresque.



En vérité, le Japon est connu pour être le pays des paradoxe. Citons quelques exemples afin d'étayer cette assertion : ils adorent le poisson mais ne font rien pour sauvegarder le minima de population nécessaire à la reproduction de ces bestioles sous-marines, ils sont entourés de tout ce que le monde fait de plus moderne mais agissent et pensent comme ils le faisaient 200 ans auparavant, ils ne sont pas sensés avoir d'armée mais leur armée compte parmi les plus puissantes au monde...
(Vous pouvez ajouter à votre connaissance personnelle à présent qu'ils ont des - énormes - corbeaux mais que ceux-ci ont des voix de mouette... ^^)

Mais le paradoxe qui m'intéresse dans le présent article concerne la nature. Résumons-le ainsi : les japonais ont un rapport étroit avec la nature, mais ne font rien pour la sauvegarder dans le meilleur des cas, la détruisent dans le pire.

Comme je l'ai dit dans le précédent article, j'ai voyagé un peu partout sur le territoire japonais (exception faite du Nord de Honshû et de Hokkaidô), et j'ai été confronté à ce paradoxe dans tous les endroits où je suis allé. On imagine qu'il y a deux types d'endroit où l'on devrait rencontrer un environnement potable, à savoir les lieux touristiques - on fait un effort pour les visiteurs, sinon on en aura plus -, et les lieux désertés - trop peu d'humains pour faire quelque peine que ce soit.
Mais même dans ces deux cas, ils trouvent toujours le moyen de trucider une montagne en l'affublant de panneaux publicitaires ou autres usine (qunad il ne s'agit pas du conduit de déjection de cette dernière), ou de polluer leur mer par un trafic maritime inutilement dense, fruit des politiques de restriction du trafic routier - notamment par l'ajout de feux de circulation en nombre prohibitif et de limitations de vitesse sur voie expresse purement risibles.
Pour couronner le tout, Kyôto, ville signataire d'un protocole international bien connu de protection de l'environement, comporte aux confins de ses limites géographique (vers le Nord), une montagne que tous ceux qui ont entendu parlé de mes péripéties d'il y a trois ans connaissent à tout le moins de nom - le mont Hiei -, et cette montagne surplombe le lac le plus salement pollué qu'il m'ait jamais été donné de voir. Pour que vous ayez une petite idée, je dirais que ça ressemble fortement à du goudron en un peu plus liquide. Et les enfants jouent sur ses bords.

Voici l'un des envers du Japon. 
Par Naimi
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /Juin /2009 07:50


Bon ben voilà, il ne me reste plus que trois semaines à passer au Japon.
J'ai commencé ce blog trois semaines après mon arrivée à Tôkyô, j'ai donc pensé qu'il était temps de faire un petit bilan de mon expérience (je ne pense pas que ça changera beaucoup dans les prochains jours).

Parlons franchement, j'ai eu beaucoup de plaisir ici ! Faire une année dans le pays dont on étudie la langue, ça déchire ! Et les raisons pour cela sont assez nombreuses.
 - on peut constater des progrès linguistiques significatifs (pour ne pas dire phénoménaux à certains moments - il ne faudrait pas croire que l'avancée est uniforme sur toute la longueur du séjour)
 - on côtoie les natifs, et ce faisant on comprend les raisons pour lesquelles ils se comportent de telle ou telle façon, ou encore pourquoi ils disent les choses de cette manière là et pas d'une autre
 - on sort d'un monde où tout est facile (parce maintenant je constate encore plus qu'avant avec quelle précision on peut exprimer sa pensée lorsqu'on parle sa langue natale)
 - ça permet de réfléchir sur là d'où on vient (par exemple, j'ai pris plus conscience qu'avant je crois, de la vraie valeur du français - mon Dieu, quelle langue complexe, splendide et précise !!! -, ainsi que des belles plages de Bretagnes dénuée de cafards et autres concombres de mer)
 - on désacralise le pays d'accueil (je le met dans la cétégorie des bons points, parce que j'ai la conviction qu'il est mauvais de baser sa passion sur la foi en quelque chose qui n'existe pas... je m'expliquerai après)
 - on découvre un tas de gens qui, même s'ils ne sont pas intéressants en eux-même, élargissent vos horizons
 - ma vision de la Terre a soudainement rétréci : maintenant chez moi, ce n'est plus seulement la France, mais l'Europe... et maintenant la Nouvele-Zélande ne me semble plus aussi loin...
 - on est certain de ne plus vouloir faire ça une seconde fois (ici, tout le monde commence à en avoir un peu marre).

J'ai également vécu pas mal de choses que je n'ai pas eu le loisir de vous conter pour le moment, comme par exemple changer d'époque



me confronter à des bêtes féroces,



voler,



me transformer,



chanter devant la Tour de Babel,



cuire des gâteaux et des pizzas sans four,



dormir sur un lit tellement pourri qu'il m'a rendu fou au fil des mois (merci Waseda...),



retrouver le vrai sens de mes études,



apprendre à poser sur les photos avec des animaux en peluche,



decouvrir des tas d'endroits inconnus,



voir à quoi ressemble une contrée tropicale,



découvrir en moi une âme de leader,



bref, tout en tas d'expériences irremplaçables !

Je n'ai pas du tout ressenti de la même manière mon petit séjour de deux semaines il y a trois ans (déjà, purée !) et cette année. Vous me direz "ben oui, patate !", mais en définitive ça n'a rien d'évident. De fait, en arrivant ici en septembre dernier, mon enthousiasme était immense, et je me sentais l'âme de conquérir les plus hauts sommets du Centre d'Etudes Japonaise de Waseda malgré mon piètre score au test de placement, et rétrospectivement, je ne pense pas avoir failli à ma tâche, loin de là. Surtout pas si je compare mon année avec celle des autres étudiants venant de l'INALCO. Je vous ai sûrement parlé de Simon, ce gars qui était le second à partir à Waseda pour cette année universitaire... il était niveau 8 (le plus haut) dès le début. Il n'en fallait pas plus pour m'écoeurer... Mais j'ai découvert depuis qu'en réalité le plus haut niveau de langue est le 7 (soit celui où j'étudie en ce moment), et que les cours de niveau 8 sont purement et simplement chiants à mourir (quelle chance en fait que je sois une quiche en grammaire, pas vrai !?). Ce qui fait qu'aujourd'hui je parle mieux que lui.

Qui plus est, contrairement à tous ceux que je connais, j'ai compris que l'on apprend pas une langue, et encore moins une culture dans une salle de classe. J'ai pris mon vélo, et j'ai découvert les routes (pourries, et remplies jusqu'à plus soif - voir la noyade - de feux de circulation) du Japon, comment les japonais hors des villes vivent, parlent et pensent. J'ai couvert les distances par le même biai entre la capitale et Utsunomiya, Nikkô, Mitake, Chûzenji, Kamakura, Yokohama, et même autour de l'île d'Okinawa. J'ai pris tous les types de train possibles et imaginables, depuis la plus grosse daube de tortue jusqu'à l'éclair Shinkansen, et le bus, et le métro, et le taxi, et l'avion. J'ai marché beaucoup aussi. J'ai été fort désappointé par la piètre qualité des plages japonaise, j'ai essayé tous la plupart des types de nourritures disponibles dans le pays, j'ai été victime de la fameuse discrimination japonaise, tout comme j'ai eu le plaisir de recevoir leur hospitalité et leur indulgence un nombre égal de fois. J'ai égalemernt vu de mes yeux le "paradoxe nippon", notamment en ce qui concerne l'environnement.

Et pour finir le tableau, je peut également dire que maintenant j'ai une merveilleuse petite amie, et qu'en partie grâce aux informations qu'elle ma fournies je vais avoir l'occasion de suivre les cours d'un Master de Relations Internationales et Diplomatie d'une qualité égale à celle des Masters Sécurité Internationale et Affaires Internationales de Science Po Paris.

Rien de tout ce que je viens d'écrire n'aurait été possible sans cette année au Japon. Donc, à tous ceux qui ont rendu cela possible, même si tous ne peuvent pas lire ces lignes, je le dis encore une fois tout comme je l'avais fais en début d'année :



Un grand merci du fond du coeur à tous, tout spécialement à tous ceux qui m'ont suivis et supporté pendant tout ce temps. Merci également à tous ceux qui ont fait de ce blog une place d'échange et de bonne humeur sur laquelle j'ai toujours pris énormément de plaisir à confectionner de beaux articles dans ma langue favorite, à lire vos commentaires, et a y répondre.

Cette article n'est pas le dernier de la série - j'espère toujours vous parler de tout plein de sujet, au milieu desquels on peut citer mon voyage à Okinawa, la discrimination, l'université, l'emploi, la politique (TARÔ ASÔÔÔÔ !!!!!!!!!!!!), les librairies, les sites Internet, ect. -, mais j'ai pensé que c'était le moment le plus approprié pour vous parler de tout ça. (pour tout dire je sèche un cours pour ça... ^^)

A dans pas longtemps ! 
Par Naimi
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 06:34


"gôruden uîku", donc "golden week".

Petit manuel pratique de la semaine en or. La golden week est un autre événement majeur de la vie au Japon : ce sont des vacances, des vraies qu'ils ont le droit de prendre en toute impunité !!! (renforçons les vieux clichés je vous prie : les japonais ne prennent jamais de vacances, et ça n'est pas la crise qui va arranger les choses, croyez-moi)
D'où diable peut bien cette sorte d'allance de jours fériés contre-nature ? (ou plutôt contre-nature-japonaise) C'est très simple : le 29 avril, vous avez l'anniversaire de feu l'empereur Shôwa, le 3 mai est le jour de la commémoration de la Constitution japonaise de 1947 (kempô kinenbi), le 4 mai est le "jour vert" (midori no hi), et le 5 mai est le jour des enfants (kodomo no hi). Cherchez l'erreur là-dedans !!! ^^
La grosse erreur est Shôwa no hi, le jour anniversaire de feu l'empereur Shôwa. En effet, au Japon, la fête nationale n'est pas fixe au longs des décénies, mais au contraire change au gré des nouveaux empereurs : c'est leur date de naissance qui fait office de nouvel célébration. En l'occurence l'empereur actuel, Akihito, est né le 23 décembre, et je témoigne du fait que le 23 décembre 2008 était bel et bien un jour chômé pour les japonais. Là où nous avons un problème, c'est que bien entendu cette fête nationale se substitue, et non pas s'accrémente à la précédente (sans quoi il n'y aura plus beaucoup d'activité dans le pays d'ici 100 ans... ). C'est donc une petite nouveauté de l'ère Heisei, une sorte de signe des temps: ce jour a été conservé dans le seul but de rallongé le répit des japonais en ce début de printemps.

Il faut dire que les japonais sont annuellement assaillis par un mal des plus curieux : la maladie de mai. Il s'agit d'une concordance d'événements funestes :
1. Nous sommes un mois après le début de l'année scolaire et fiscale, et le syndrome de nouveauté s'est déjà un peu terni pour laisser la place à une sorte de confort.
2. Pour la plupart des nouveau employés, le phénomène est exactement le même, et comme pratiquement toutes les embauches se font après l'obtention du diplôme depuis des décénies, même les plus âgés ont déjà eu droit à leur entretient annuel peu auparavant.
3. le soleil brille.
4. La température grimpe drastiquement.
5. Les campagnes de publicité pour les séjours, aussi bien à l'étranger qu'en des destinations folkloriques ou exotiques à l'intérieur même du pays, se multiplient.
6. Ca fait un an qu'ils n'ont pas eu vacances.

Bref, toutes les conditions sont réunies pour démoraliser les japonais au travail.
Vous pouvez donc aisément imaginer que toutes les destinations possibles et imaginables soient prisent d'assaut par les japonais durant cette semaine (selon le moment de la semaines où ces jours fériés tombent et en comptant les ponts qu'ils occasionnent, la golden week peut s'étendre sur 10 jours), à savoir essentiellement un tour d'Europe (traduisez : un passage éclair et à l'arrache dans les principales capitales européennes... Paris doit d'ailleurs être bien jaune à l'heure qu'il est ! ), ou bien une virée au Soleil (pour ça ils ont les mêmes destinations que nous, sauf s'ils se rendent à Okinawa), ou enfin et sans doute plus probablement une ruée vers un ou deux des plus gros sites touritiques du pays (deux ou trois idées en vrac : Nikkô, Hakone, et le parc Disney Land pour la région du Kantô ; Kyôto, Nara, et Himeji pour la région Kansai; Hiroshima pour le Kinai, et probablement le mont Asô et les villes de Kumamoto et Nagasaki pour le Kyûshû).

Cet envie de voyager nous a touché nous aussi, Fraukje et moi, à tel point que nous avons soudain sentit comme d'une vital nécessité de faire une voyage en vélo quelque part. On a même dressé trois plans de route différents en fonction de notre état physique et/ou du temps, mais nous n'avons pas eu à en appliquer un seul. La raison en est qu'un violent coup de froid nous a soudainement cloué au sol (il ya une semaine pour elle, et deux jours pour moi) et sauvé notre portefeuille.

...

Oui, j'ai été malade. Sinon comment croyez-vous que j'ai eu le temps d'écrire tout ça !  
Par Naimi
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 19:19

Aaaah ! Bon sang ! Voilà un sacré bout de temps que je voulais coler ce titre sur mon blog !

"o hanami", signifie littéralement "regarder les fleurs". Il s'agit en réalité d'une période précise de l'année (deux semaines d'amplitude), celle durant laquelle les cerisiers fleurissent (sakura) et les japonais en profitent pour manger à leur pied.
Les cerisiers sont des arbres très moches d'ordinaire, mais il faut bien avouer que pendant cette période critique de l'année, même un barbare comme moi s'est surpris à s'émouvoir du spectacle rosé que le Japon peut offrir en pareilles circonstances. En réalité, le meilleur moment, c'est durant la seconde semaine 'sur deux), lorsque les arbres commences à fanner, car alors le pays tout entier est noyé sous une tempête de pétales de fleurs (pétales qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux traces de patte d'un ntout petit cochon (avis aux fans de Ranma)). C'est vraiment magnifique, à tel point que j'ai surpris Yûzuki - la plus insensible et blasée fille qu'il m'ait été donné de rencontrer de ma vie - sourire à leur vue et même prendre des photos !

Aussi, pendant deux semaines, les pieds des cerisiers ont été pris d'assaut par une marrée de tokyoïtes en mal de nature, et le printemps s'est définitivement installé dans le pays.

Ce phénomène est l'un des événements majeurs de l'année pour les japonais, à tel point qu'à chaque printemps les chaînes de télévisions se disputent les records d'audience grâce aux émissions consacrées au "front de floraison des ceurisiers". Ce front représente la différence de floraison de ces arbres entre le Nord et le Sud : en général, les fleurs font leur apparition au Sud du pays et remontent progressivement, en passant par Kyôto, puis Tôkyô, pour terminer leur course sur Hokkaidô (ça a un petit côté Ôkami, quelque part ! ^^). On rencontre ce même genre d'engouement lors de l'apparition des "momiji" à l'automne, ces feuilles d'un rouge crâmoisi en forme d'étoile qui incendient le Japon à six mois d'intervalle des sakura., et la raison en est que les japonais, contrairement à nous qui ne voyons en le printemps et l'automne que des "mi-saisons", considèrent ces deux passages comme prédominants dans la dynamique de l'année... du moins pour les vivants ! ^^ (en ce qui concerne les morts, c'est exactement le contraire : les deux étapes marquantes dans la célébration des morts au Japon se font pour l'une en plein coeur de l'hiver (le Nouvel An), et l'autre au beau milieu de l'été (la fête du Bon, autour du 15 août)).

On touche un  problème culturel important, pas vrai ? 

Pour ma part, je n'ai pas participé à quelque "O hanami" que ce soit, mais je me suis rendu dans les jardins du parc impérial ainsi qu'au parc Kitanomaru et au sanctuaire Yasukuni, trois points de Tôkyô connus pour abriter de très beau spécimens de sakura (j'aurais rêvé de voir le résultat à Kyôto, mais dans la vie on ne fait pas toujours ce que l'on veut ), et j'ai pris quelques photos pour vous ! 

Voici pour commencer les abords du parc Kitanomaru





Ensuite, un petit tour du côté d'un sentier tout près de Waseda, inconnu du commun des mortels ! (ça sent l'exclusivité, hein ?! ^^)

 



Puis vient ensuite une petite visite aux jaridins du palais impérial





Et enfin un passage au sanctuaire Yasukuni, où j'ai eu la chance d'assister à certaines danses et autres représentations pour la "sakura matsuri" (fête des cerisiers).







En prime, je vous rajoute la collection de poubelles japonaises : dans l'ordre bouteilles en plastique, cannettes, bouteilles en verre, déchets recyclables (plastiques), et déchets brûlables (déchets organiques tels que des restes de nourriture, baguettes, cure-dents...)

  
Par Naimi
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