C'est un petit dialogue qui résume bien la situation.
"- M. le Premier Ministre !"
"- Euh... C'est de moi qu'on parle ?"
Petit tour d'horizon de la vie politique japonaise !
Bon, alors d'après vous qui est la personnalité politique la plus importante au Japon ?
A. Le Premier Ministre
B. L'Empereur
C. Le Dalaï Lama
D. Bernard Tapi
Tous ceux qui auront répondu C ou D sans aucun gramme d'alcool ou de quelque drogue que ce soit dans le sang devront naturellement se procurer au plus vite l'ouvrage "Histoire de ces 40 dernières
années que j'ai loupé". La bonne réponse était la A. En effet, l'Empereur n'a aucun pouvoir, si ce n'est un pouvoir représentatif. Lorsque Wen Jia Bao (premier ministre chinois) a fait un petit
tour sur l'archipel nippon en 2007, il a dû faire un crochet par le palais impérial après sa rencontre avec le Premier Ministre (il s'agissait à ce moment-là de Shinzô Abe), et il aurait
d'ailleurs été impensable qu'il ose reprendre l'avion sans s'acquitter de cette formalité.
Bon si vous cherchez bien sur le sujet, vous verrez sûrement écrit quelque part que l'Empereur doit contre-signer certaines décisions et certains actes parlementaires. Mwais, mais là aussi ya un
truc : c'est pas comme chez nous où on lui aurait fait un package incluant un petit véto de rien du tout, ici pinuts ! Alors vous me direz : "ben oui, mais si il veut pas signer !"... ... Vous
inquiétez pas, il ne voudra pas ne pas vouloir ! ^^
Donc, le grand manitou, c'est la face de crapeau de 100 ans d'âge que vous pouvez voir là-haut (Tarô Asô - actuel premier ministre). Enfin oui et non. C'est compliqué.
Disons que tout part de la srtucture de vote japonaise : c'est tout sauf stable.
1. Lorsque les japonais ont lancé la restauration impériale dite de Meiji (du nom de symbolique de l'Empereur qui "régnait" à cette période), en 1868, ils ont cherché à se doter du meilleur de la
crème de chou dans tous les domaines : architecture en France, médecine en Allemagne, ect. ne sont que de menus exemples de ce phénomène. Et de l'Angleterre, outre la Navy, ils ont repris la
structure parlementaire du gouvernement ; à savoir un chef de l'Etat qui n'en glande pas une (l'Empereur), un Premier Ministre qui saute tous les deux ans, et un mode de représentation et
d'interdépendances plutôt obscure (ils se sont un peu gouré de modèle sur ce coup-là - on peut sans doute pas tomber juste à tous les coups).
2. Après la seconde guerre mondiale, l'envahisseur américain à voulu reconstruire au plus vite la Droite japonaise pour contrer l'influence grandissante du Communisme russe... et ça a plutôt bien
marché ! Au point que le principal parti de droite, le Parti Libéral Démocrate (PLD - encore un nom qui veut rien dire...) est resté sans ennemi pendant près de 50 ans. Même maintenant, à part un
léger accident de parcours au début des années 90, on peut considérer que son hégémonie est indiscutable.
3. Conclusion, structure parlementaire oblige, comme le PLD a toujours ou presque contrôié la chambre basse de l'Assemblée japonaise (appelée "Diète"), c'est toujours ce même parti qui a placé
son homme de tête à la tête du gouvernement. Par conséquent, la durée de vie d'un Premier Ministre dépend plus de la durée de son mandat au sein du parti que d'une élection législative dont le
résultat est décidé d'avance. Voilà le vrai hic : les élections générales du PLD n'accordent le poste de secrétaire générale à leur vainqueur que pour la durée de 2 années consécutives maximum.
Veuillez noter avec la plus grande importance le mot "maximum", puisqu'en réalité, peut de Premier Minitres japonais atteindent cette durée. Vous savez pourquoi ? Ben tout simplement parce que en
général A. ils mènent une politique de merde qui les fait sombrer très vite dans les sondages, les obligeant à démissionner sous les pressions d'un parti dont ils ont perdu la confiance, ou bien
B. les ministres du Cabinet fraudent non plus avec des louches mais avec un tracto-pelle, ils se font gauler, et l'opprobe est pour la tête à toto ! (le plus souvent on a un schéma du type B
entraine A, ou bien parce qu'on a A, il y a un petit malin qui s'engouffre dans la brèche et qui découvre B).
N'y a-t-il point d'homme politique digne de ce nom au Japon ??? Si !
Celui-ci se nomme Jun'ichiro Koizumi !
Homme de droite également, Koizumi a eu à gérer le difficile dossier de la crise asiatique. On peut dire qu'il a pas mal favorisé ses potes dans les affaires à ce moment-là et qu'il a favorisé le
fossé d'inégalités entre les petits et les grands, mais il a le mérite d'avoir éradiqué la crise de son territoire. Personnage charismatique, emblème de la droite qui a retrouvé toute sa
splendeur, il a réussi l'exploi de rester en fonctions de 2001 à 2006, soit 5 ans (plus de deux mandats de secrétaire général - il est parti avant la fin du troisième, parce qu'il allait se faire
gauler à son tour). Après lui, ma foi, pas grand-chose...
Il y a eu Shinzô Abe, mais je n'en dirai pas plus sur lui pour l'instant parce que je fais mon mémoire de M1 sur sa politique extérieure...
Puis Yasuo Fukuda, qui comme Abe était très attendu sur le devant de la scène de part ses idées tranchées, et à l'instar de Poutine pour le mystère entourant ses précédentes fonctions au sein de
l'organigramme du pouvoir.
Et Enfin Tarô Asô.
Aucun de ceux que je viens de nommer n'a semblé à un seul moment avoir les trippes nécessaires pour porter son pays au-delà de la place à laquelle Koizumi l'avait issée. Ce qui est bien
malheureux, puisque c'est un état d'entre-deux, tant sur la situation intérieure que sur les relations extérieures. En réalité - c'est une petite confidence que je vous fait à huis clos -, le
pire c'est Asô ! Vous connaissez l'acronyme "K.Y." (prononcez à l'anglaise : kei-waï) ? En japonais, c'est une abréviation pour "kûki yomenai", donc quelqu'un qui ne sait pas très bien sentir
l'ambiance du moment (genre se poiler quand on parle de la mort de la tante Gertrude) ; mais spécialement pour Asô, avec la même abréviation, il existe un autre sens : "kanji yomenai", à savoir
quelqu'un qui ne sais pas lire les kanji (donc autant dire "qui ne sait pas lire japonais"). Cette légende qui court à propos d'un chef de gouvernement ayant des problèmes à lire sa propre
langue, vient originellement 1. du fait qu'il avoue lui-même lire de préférence des mangas plutôt que des livres plus... sérieux (et plus propres à sa fonction, avouons-le), et 2. de ses
hésitations lors de la lecture de prompteur durant ses apparitions télévisées (phénomène qui pourrait s'expliquer aisément par une mauvaise vue, mais bon...). Il est par ailleurs bien connu que
le grand quartier de soutient à Tarô Asô dans Tôkyô est Akihabara, le gros foutoir des jeux, des animés et des mangas (on peut même y trouver des magasins qui lui sont entièrement dédiés).
Alors que fait l'opposition, menée bravement par Ichirô Ozawa ? Ben elle fait comme la majorité : elle se saborde elle-même autant que possible ! ^o^
). C'est donc une petite nouveauté de l'ère Heisei,
une sorte de signe des temps: ce jour a été conservé dans le seul but de rallongé le répit des japonais en ce début de printemps.
), ou bien une virée au
Soleil (pour ça ils ont les mêmes destinations que nous, sauf s'ils se rendent à Okinawa), ou enfin et sans doute plus probablement une ruée vers un ou deux des plus gros sites touritiques du
pays (deux ou trois idées en vrac : Nikkô, Hakone, et le parc Disney Land pour la région du Kantô ; Kyôto, Nara, et Himeji pour la région Kansai; Hiroshima pour le Kinai, et probablement le
mont Asô et les villes de Kumamoto et Nagasaki pour le Kyûshû).
), et j'ai pris quelques photos pour vous !